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Compte rendu de la première journée: 27 mars 2008 Version imprimable Suggérer par mail

RAPPORT DE LA JOURNEE DU 27 MARS 2008

 

La première journée de la seconde édition du Forum Social du Burkina a débuté par la cérémonie d'ouverture aux environ de 9h30

 

 

I. La cérémonie d'ouverture

La cérémonie d'ouverture de la seconde édition du Forum Social du Burkina s'est déroulée à la maison des Jeunes de Ouahigouya. Après une animation de la troupe Ratnèrè de Singuenega à partir de 9h15mn, la cérémonie a débuté avec l'arrivée des autorités de la région du nord parmi lesquels le gouverneur, le président du Conseil de la Région, du Haut Commissaire, du maire, du préfet, du représentant provincial du Médiateur du Faso, des autorités militaires et paramilitaires et du président du Comité d'Organisation.

La première intervention a été celle du Président de la coordination locale qui a d'abord souhaité la bienvenue aux participants, à rappeler l'historique du forum  et son intérêt pour les populations. Il a également salué l'initiative de l'organisation d'un tel forum. Cette première intervention fut couronnée par une prestation de la troupe Ratnéré.

La deuxième intervention fut celle du président qui a du comité d'organisation qui a fait l'état des lieux de la misère des populations liée à la pauvreté et au problème de la sécurité alimentaire dans le monde. Il a rappelé le contexte de la vie chère au Faso qui s'est soldé récemment par des manifestions. Il propose à la population de se battre afin que les concepts de souveraineté alimentaire puissent être pris en compte dans les décisions politiques pour la transformation sociétale. Il termina son intervention en remerciant les soutiens financiers et les participants.

La dernière intervention fut celle du gouverneur qui  fit ses encouragements au comité d'organisation et souhaita la bienvenue à toutes les délégations ainsi qu aux participants. Il a également souhaité un plein succès aux activités.

La cérémonie a pris fin aux environs de 10h20.

 

II. Le premier panel: La souveraineté alimentaire

Prévu pour être animé par Quatre (04) exposants le premier panel a finalement été animé par trois (03) exposants, les Groupements NAAM de Monsieur Bernard Lédéa OUEDRAOGO, n'ayant pas pu prendre aux travaux.

Le thème central dudit panel porte sur «La souveraineté alimentaire». Les communicateurs sont:

-         le Père Maurice OUDET de SEDELAN ;

-          la CPF avec Monsieur Seydou OUEDRAOGO ;

-          Ousmane TIENDREBEOGO du SYNTAP.

Pour l'essentiel, quelques idées fortes se dégagent des exposés. En premier lieu, il convient de comprendre que la souveraineté alimentaire  consiste à consommer ce que nous produisons quand et comme on le veut. De ce fait, la souveraineté alimentaire est à distinguer des concepts voisins tels que, la sécurité alimentaire, l'auto suffisance alimentaire. Par la souveraineté alimentaire, il faut entendre, la possibilité pour les pays, notamment africains, de privilégier leurs productions locales. Cela n'est pas synonyme d'une impossibilité d'importation des produits agricoles ou alimentaires. Tout pays a le droit d'importer quand la conjoncture nationale l'impose, des produits agricoles extérieurs. Toutefois, les importations ne doivent pas prendre le pas sur les productions nationales, locales.

Ainsi, en deuxième (2ème) lieu, la souveraineté alimentaire est une question politique, un choix politique. Cette politique consiste à protéger les productions nationales, sous-régionales par une bande tarifaire à même de permettre aux productions locales d'être compétitives. Cette bande tarifaire pourrait être située à un taux de (50%) à l'importation des produits extérieurs. Car actuellement, ce taux est de l'ordre de 10%.

3ème il nous faut nous mobiliser pour l'atteinte de cette souveraineté alimentaire à par l'exercice constant d'une pression sur les décideurs politiques et par une participation à l'élaboration d'une politique agricole qui s'inscrit dans la durée et ne consiste pas en une succession de petits programmes. Par conséquent, nous devons amener nos dirigeants politiques, nos, gouvernants à renoncer aux Aides Publiques au Développement (APD). L'expérience de la société civile Malienne apparaît de la sorte, comme un excellent exemple, un modèle à suivre.

Après moult échanges, contributions, questions, les participants préconisent un engagement sans faille pour les mesures suivantes :

1) une mobilisation de la société civile burkinabè et sous régionale, afin de barrer la voie aux APE,  aux APD ;

2) une mobilisation et l'implication active de nos organisations de la société civile burkinabè pour l'élaboration et l'adoption d'une politique agricole nationale construite autour de la souveraineté alimentaire Car, on n'est souverain que lorsque l'on est libre;

3) l'élévation de la bande tarifaire sur les importations de produits agricoles et alimentaire, à 50% pour nos pays ;

4) le boycott systématique des produits de mauvaise qualité importés par nos pays et qui empêchent nos produits locaux d'être concurrentiels.           

Sur ces propos, les participants ont été invités à poursuivre les échanges et les discussions au sein des ateliers.

 

 

III. LES ATELIERS

 

ATELIER N°1

Thème: : Intégration régionale, souveraineté alimentaire et APE (Accord de Partenariat Economique)

Communicateur: Père Maurice Oudet

Rapporteur : Traoré François Xavier

Il est ressorti de cet atelier que la souveraineté alimentaire c'est le fait d'avoir le droit de poursuivre sa politique agricole afin de produire suffisamment des produits de grande consommation. Elle pourrait aboutir à l'autosuffisance alimentaire mais, elle n'est pas l'autosuffisance alimentaire.

Sur la question de l'intégration, elle a débuté en 1994 avec l'UEMOA. Il y a d'abord eu la CEDEAO qui n'a pas aboutit a grand-chose. La question des APE  pousse les chefs d'Etats africains à remettre la CEDEAO en marche. Les APE étant un ensemble d'accord de libre échange proposé par l'Union Européenne aux pays ACP (Afrique Caraïbe Pacifique). Ces accords sont supposés profiter aux pays africains mais en réalité, ils ne leur profitent aucunement. Selon l'avis du communicateur, les négociateurs africains ont mal engagé les négociations car elles se déroulaient sur des textes proposés par la partie européenne.

En outre, la pression des Organisations de la Société Civile africaine a amené les négociateurs africains a changé de stratégie car ceux-ci ont dit: "Pas d'Accord sans souveraineté alimentaire".Ces accords n'ont pas encore été signés.

Après les questions, les contributions et les échanges, les participants ont fait les recommandations suivantes:

1)    Prise d'initiative par les paysans avant de demander l'aide des gouvernants

2)    Implication de chaque citoyen concernant les problèmes sociaux

3)    Mettre en place un soutien institutionnel à l'agriculture par des moyens tels que:

- des instituts de recherche agricole;

- une production de semences de qualité adaptées aux conditions locales de culture

- un accès satisfaisant des paysans aux moyens de production ;

- une incitation à consommer les produits locaux

- l'union des producteurs

- la valorisation de la production locale.

 

 

 

ATELIER N°2

Thème: APE, produits sensibles et la souveraineté alimentaire

Communicateur: M. TAMBOURA Amadou, CPF

Rapporteur : SORGHO Viviane

 

I.  Etat des lieux

Les Accords de Partenariat économiques, tels qu'ils ont été conçus, portent atteinte à la souveraineté alimentaire des Etats signataires et mettent en péril les agriculteurs et leurs productions. C'est ce qui a mobilisé les organisations de la société civile, et les a amenés à initier diverses luttes, afin que ces APE soient rejetés.

Comme résultat, la signature  des APE qui était prévue pour le 31 décembre 2007 n'a pas été effective, même si le APE ne sont pas pour autant supprimés. Les négociations se poursuivent entre l'Union européenne et les pays ACP, notamment en ce concerne les produits sensibles. Le lien entre les APE, les produits sensibles et la souveraineté est étroit.

Le communicateur a

-  fait un rappel sur les principes généraux, les objectifs et l'impact des APE ;

-  évoqué la problématique des produits sensibles

-  souligné l'importance de la prise en compte de la souveraineté alimentaire dans le processus d'élaboration de la liste des produits sensibles.

 

II. Conclusion et recommandations

Les OSC doivent :

1.     accompagner les producteurs, les sensibiliser pour qu'ils fassent de bons choix dans les produits qu'ils cultivent et dans les méthodes de culture ;

2.     amener les producteurs à être autonomes dans leurs choix et renforcer leurs capacités ;

3.     travailler à informer les paysans et recueillir leur avis, car la date de juin 2009 est proche ;

4.     renforcer les capacités des femmes et mettre les moyens matériels et financiers à leur disposition ;

5.     informer et sensibiliser les femmes sur les différents thèmes et sur le fondement du forum ;

6.     militer pour l'arrêt de l'expérimentation des OGM.

 

 

 

 

ATELIER N°4

Thème : Sécurisation foncière et souveraineté alimentaire

Communicateurs :         François GUIRA (SACCA) et

Georges BAZONGO (ORGANIC)

Rapporteur : Nathalie TARNAGDA

 

I. Etat des lieux

Les communicateurs ont eu pour souci de souligner que le développement rural est la base principale d'un développement économique durable au Burkina Faso. Ce développement concerne les secteurs agricoles, l'élevage, la chasse, la pêche... Il doit s'appuyer sur la sécurisation foncière en vue de résoudre les problèmes entre agriculteurs et éleveurs et entre producteurs familiaux et grands producteurs.

La sécurisation foncière est définie comme l'ensemble des processus visant à permettre l'utilisation des terres rurales, le déploiement efficace des activités de production, tout en protégeant ces terres contre les conflits liés à la jouissance des droits.

Dans cette vision cependant, deux tendances s'opposent :

-         la terre appartient-elle à l'Etat ?

-         la terre appartient-elle au propriétaire terrien ?

La souveraineté alimentaire, quand à elle, se définit comme le droit de bien manger et de choisir sa nourriture. Il s'agit donc du droit de chaque pays ou peuple de consommer et vendre ce qu'il veut.

Au regard de ces deux définitions, il ressort que souveraineté alimentaire et sécurisation foncière sont étroitement liées.

Les communicateurs ont enfin déploré que les femmes soient rarement prises en compte dans la sécurisation foncière, alors que leur rôle dans le développement rural est indéniable. Il convient donc d'approcher les communes et les propriétaires terriens pour mieux cerner cette question et lui trouver des réponses adéquates.

 

II. Conclusion et recommandations

Les participants à l'atelier ont abouti à la conclusion qu'il ne peut y avoir souveraineté alimentaire sans sécurisation foncière. Et pour que ces deux processus se complètent, le rôle des communes est essentiel.

Ils recommandent alors la vigilance des élus locaux pour empêcher que des personnes physiques ou morales ne s'approprient des surfaces de terre très importantes au détriment des habitants et de la production nécessaire à la souveraineté alimentaire.


 

 

ATELIER N°6

Thème : Agriculture bio et perspectives

Communicateur : OUEDRAOGO Abdoulaye, Helvetas/Burkina

Rapporteur : DA Patrice T.

 

I.  Etat des lieux

Le communicateur a essentiellement axé son propos sur :

-   l'importance de l'agriculture pour les pays comme le Burkina Faso : il s'agit de l'une des principales activités de production du pays, pratiquée par 90% de la population et qui crée l'essentiel de la richesse au plan national ;

-  les contraintes de l'agriculture au Burkina Faso, liées notamment aux aléas climatiques, au faible niveau de compétitivité des produits sur le marché ;

-  les défis de l'agriculture : il s'agit d'assurer une durabilité environnementale et économique, d'assurer une sécurité alimentaire à toute la population ;

-  l'option pour une agriculture responsable, saine et durable, parce que respectueuse de l'environnement et de la santé des humains et animaux.

Le communicateur a précisé  que l'agriculture biologique soutient et améliore la santé des plantes, des animaux, des hommes et de la planète. Elle est basée sur les cycles et systèmes écologiques vivants, construite par des relations qui assurent l'équité par rapport à l'environnement. L'agriculture biologique au Burkina Faso a 20 ans d'expérience et concerne surtout les filières sésame, hibiscus, arachide, fonio, mangue, canne à sûre, coton...

 

II.  Conclusion et recommandations

Le coton biologique est une alternative de production durable, parce qu'il protège l'environnement et la santé, et diminue l'endettement.

Il faut donc

-         intensifier la production du coton biologique et l'étendre à de nouvelles zones ;

-         intensifier les actions de valorisation locale du coton

-         développer et intensifier le maraîchage biologique

-         sensibiliser les populations sur la valeur de nos produits locaux ;

-         intégrer l'igname dans le cadre de l'agriculture bio ;

-         interpeller l'Etat pour qu'il encourage concrètement la culture biologique ;

-         créer un label de produits biologiques au niveau national ;

-         mettre en place de petite unité d'huile de sésame.

 

 

 

ATELIER N°7

Thème: Changements climatiques et productions céréalières

Communicateur: Léopold SOMÉ (GERDDES)

Rapporteur : Fousséni TRAORE

A l'aide d'une série de photos et autres images, le communicateur a montré des exemples de faits sur les changements climatiques dus à une faible pluviométrie, aux inondations, aux fumées de moteurs etc.

Il a ensuite expliqué le fonctionnement du système solaire, de l'atmosphère avec la couche d'ozone. Il a noté l'action des gaz qui absorbent et émettent de la chaleur.

Selon lui, les changements climatiques se sont accentués à partir de 1950. M. SOMÉ a ajouté que au rythme actuel de changement climatique, entre 2050 et 2100, les températures pourraient augmenter de 2 à 5° C.

Face à tout cela, il est important d'adopter des stratégies et techniques d'économie de l'eau et un changement de comportement.

 

En conclusion, il faut bien trouver des solutions, car de toutes façons, nous ne pouvons que faire face à la situation.

Les participants ont soulevé des préoccupations par rapport :

-         au liens entre sécheresse et changement climatique ;

-         à l'état des lieux des recherches sur les semences améliorées et leurs lieux de vente ;

-         au lien entre semences améliorées et OGM ;

-         à l'opération Saaga.

Par rapport aux OGM, le communicateur estime que ce n'est pas parce qu l'on peut faire quelque chose qu'il faut le faire, et que les OGM brise la morale. Concernant le bombardement des nuages, les recherches ont montré que les produits utilisés n'affectent en rien la qualité de l'eau.

 

 

ATELIER N°8

Thème: Les OGM

Communicateur: Francoise Gerard, Kabré Emanuel

Rapporteur :Francoise Gérard

Au regard de la majorité mooréphone des participants, cet atelier s'est directement déroulé en mooré.

Le terme « génétique » a d'abord été défini comme porteur des caractères héréditaires naturels. Il a ensuite été précisé que les hybridations traditionnelles se faisaient à l'intérieur d'une même espèce, alors que les manipulations génétiques ne respectent pas la barrière des espèces animales, végétales ou humaines.

Contrairement aux propos qui prétendent que les OGM règleront les problèmes de production, il est ressorti que les semences coûteront environ 20 000 F CFA à l'hectare, contre 1 800 FCFA pour le coton conventionnel, par exemple.

Les paysans participants à l'atelier ont été très impressionnés par les informations reçues, et ont été très actifs. Un paysan a témoigné des maladies et de l'appauvrissement de la terre issus de l'introduction des OGM, et a invité les générations futures à dire NON aux OGM.

 

Après des échanges enrichissants, les participants ont fait les recommandations suivantes :

1.     Constituer des équipes pour aller en province sensibiliser les populations et leur apporter une information qu'on ne leur donne pas toujours ;

2.     S'opposer à la firme MONSANTO et ses filiales pour empêcher l'invasion du Burkina Faso par les organismes génétiquement modifiés.

 

 

 

ATELIER N°9

Thème: Détaxation des intrants

Communicateur: Seydou OUEDRAOGO (CPF)

Rapporteur : Oumar BOULO

Le communicateur a orienté son thème sur 3 axes :

  •   les intrants : ils regroupent les engrais minéraux, la fumure organique, les semences, les équipements agricoles etc. L'utilisation de la fumure organique est recommandée.
  •   les différentes taxes : il s'agit de la TVA (12%), des taxes sur les prêts (12 à 14%).
  •   les actions menées par la CPF auprès du gouvernement. Elles lui ont permis d'obtenir, entre autres, une subvention de 3 milliards sur les intrants.

Suite aux échanges, les participants ont formulé les recommandations suivantes :

1.     La détaxation des intrants agricoles ;

2.     La transformation des financements de l'Opération Saaga en subventions des intrants ;

3.     L'union effective des producteurs agricoles ;

4.     la conversion de leurs actions à la SOFITEX (30%) en subvention d'intrants agricoles.

 

 

 

ATELIER N°10

Thème: Mondialisation et protection de l'environnement

Communicatrice: Mlle SIDIBE Salamata, ATTAC Burkina

Rapporteur : SOMÉ K. André, GRADSO

 

I. Etat des lieux

La communicatrice a commencé par une clarification des principaux :

La mondialisation est caractérisée par la domination de la loi du marché et la libéralisation des échanges commerciaux. L'environnement désigne tout ce qui nous entoure (végétaux, animaux, minéraux), bien au-delà des frontières nationales.

Mlle SIDIBE a ensuite évoqué de nombreux risques auxquels l'homme, à travers ses activités et comportement, expose son environnement : production de gaz à effet de serre, pollution de l'air, pénurie de bois de chauffe, raréfaction des espèces animales, surproduction et gaspillage dans certaines régions, perturbation des cycles de l'eau, surexploitation des terres, déforestation etc. Tout cela fragilise l'équilibre des écosystèmes et rend précaire la qualité de notre cadre de vie et de son développement.

Mlle SIDIBE a noté que de nombreux textes accords internationaux existent en matière de protection de l'environnement, mais ne sont pas mis en application.

 

II.  Conclusion et recommandation

Pour la protection de l'environnement dans un contexte de mondialisation, les participants à l'atelier recommandent :

-         une application courageuse par les dirigeants politiques des différents textes et accords nationaux et internationaux pour la protection de l'environnement ;

-         une implication effective des OSC et de tous les citoyens dans les actions d'information et de sensibilisation pour la protection de l'environnement ;

-         une sensibilisation des OSC et de tous les citoyens par rapport au reboisement, mais également au suivi et entretien des arbres plantés ;

-         la promotion des essences locales, très utiles et mieux adaptées au milieu ;

-         la promotion d'un véritable développement durable tenant compte du caractère global des questions environnementales.

 

 

 

ATELIER N°11

Thème: Dette et souveraineté alimentaire

Communicateur: Teno TAMBOURA (CAD/Mali)

Rapporteur : Abdoulaye KOURAOGO

 

I. Etat des lieux

La dette est, facteur de perte de souveraineté en général, et plus précisément, de souveraineté alimentaire pour les PPTE.

Les principaux freins à l'accès à la souveraineté pour les PPTE sont :

-         l'initiation de pratiques ou politiques par les institutions financières internationales ne favorisant pas l'exercice du droit d'autonomie dans la production, consommation et commercialisation ;

-         le peu de souci des politiques face à la nécessité de protéger l'agriculture et les agriculteurs locaux ;

-         l'ignorance des OSC par rapport à leurs moyens de pression sur les gouvernants pour obtenir des politiques alimentaires adéquates ;

-         la perméabilité des marchés nationaux ;

-         l'introduction des OGM dans l'agriculture sans les garanties d'une alimentation saine et durable.

II. Conclusion et recommandations

Au vu de ce qui précède, l'atelier recommande au Forum social du Burkina II  de:

1.     demander l'annulation pure et simple, totale et inconditionnelle de la dette des pays en développement ;

2.     mener une réflexion pour mettre en place avec les OSC des stratégies pour

a.     sensibiliser et mobiliser les populations autour de leurs idéaux ;

b.     influencer les autorités politiques, afin qu'elles adoptent des stratégies adéquates favorisant une souveraineté alimentaire ;

c.      constituer un front uni contre les OGM.

 

 

ATELIER N°12

Thème: Insécurité foncière et alimentaire :

Cas du conflit entre éleveurs et agriculteurs à Gogo (Manga)

Communicateur: Dr. Yamba BIDIMA

Rapporteur : Blandine SANON

 

1. Etat des lieux sur le sujet :

Gogo est une localité de Manga.

Le document du communicateur même date d'avant le soulèvement du conflit entre les éleveurs et agriculteurs de la zone Gogo à Manga.

Les activités pastorales existaient même bien avant l'arrivée de certains agriculteurs, chacun menait bien ses activités dans cette zone. La délimitation foncière a donc amené le conflit entre éleveurs et agriculteurs.

Il se trouve donc que les agriculteurs sont des mossis et les éleveurs des peuls. Le conflit donc s'est vite transformé en conflit ethnique.

L'exploitation et l'explosion démographiques ont renforcé le conflit car les terres devenant peu fertiles ne suffisaient plus. Donc, de migration en déplacement, les peuls éleveurs qui cherchaient de la nourriture pour leur bétail, ont envahi les champs des agriculteurs mossis qui eux, en retour en voulant protéger leur culture ont agressé les éleveurs. De violence en insécurité totale, les deux parties se sont tabassées.

Les chiffres sont criards en matière de pourcentage des conflits aujourd'hui en général au B.F. et il y a même mort d'hommes des fois.

Les causes du conflit de la localité de Gogo sont énormes :

-         insécurité foncière

-         violence verbale

-         appropriation illégale des terres

-         transhumance

-         détérioration des terres cultivables

-         l'imposition d'une certaine loi qui n'est pas officielle.

En somme, les autorités sont en grande partie responsable de ces conflits là. Si rien n'est fait, ces conflits se transformeront en guerre tribale ou ethnique.

 

2. Conclusions et recommandations

Il faut reconnaître que de tout temps, agriculteurs et éleveurs ont toujours cohabité. Ils se complètent et l'une des parties ne peut vivre sans l'autre. Autant les agriculteurs ont besoin des éleveurs, autant les animaux des éleveurs aiment manger les cultures, il faut donc oeuvrer de sorte que chacun des deux camps soit dans son droit. Qu'ils respectent mutuellement leurs droits et leurs devoirs et l'Etat doit jouer un rôle très apaisant dans ce domaine là.

Dans tous les cas la cohabitation sociale n'est un fait simple, ce n'est pas non plus un acquis que de préserver la paix sociale ; alors les peuples doivent faire preuve de tolérance et de compréhension.

Beaucoup d'associations paysannes, d'agriculteurs et d'éleveurs sont nées aujourd'hui pour apaiser et mieux gérer les conflits entre agriculteurs et éleveurs.

Aussi beaucoup d'associations paysannes se complètent dans ce sens.

Enfin, la zone de gogo à Manga a plein d'atouts pour limiter les conflits et éviter l'insécurité alimentaire.

Toute insécurité foncière mène forcement à un conflit et qui parle de conflit parle de handicap pour la production et l'amélioration des conditions agricoles.

E définitive, les autorités devraient développer des initiatives telles que l'aménagement de puits et forages, des pâturages et abreuvoirs pour animaux, des barrages...afin de limiter les dégâts.

N'oublions pas aussi que la sensibilisations des populations rurales doit être de mise afin d'éviter la destruction de l'environnement. Entre autre solution, encourageons la culture vivrière au détriment de celle du coton qui ravage nos champs et déplace les paysans.

 

3. Divers

Il reste à encourager et donner les moyens aux associations paysannes et de la société civile afin qu'elles puissent bien lutter contre les conflits ethniques et tribales

Tout le monde est d'avis avec le forum et les ateliers afin que la lutte, l'information et la sensibilisation puisse passer et c'est pourquoi beaucoup ont fait le déplacement du Burkina comme d'ailleurs.

 

4. Conclusion

Il faut forcement une solidarité entre agriculteurs et éleveurs, c'est pourquoi nous formistes, nous nous engageons à aider les paysans à atteindre une unité afin que prospère notre agriculture pour atteindre une souveraineté alimentaire.

  • Aussi nous exigeons la protection de l'environnement car réchauffement climatique oblige.
  • Elargir les espaces pour agriculteurs comme éleveurs.
  • L'Etat devrait au lieu de s'approprier les terres, tenir compte des réalités socioculturelles de nos peuples.



IV Restitution

Les ateliers ont pris fin aux environ de 17h pour la restitution en plénière. La restitution a consisté à faire lire les comptes rendu des ateliers par les rapporteurs et à permettre à l'assemblée de poser quelques questions sur les rapports lus.

         Les plénières ont pris fin aux environ de 19h30 pour le dîner. La journée a été clôturé par une soirée culturelle.

Ouahigouya le 27 Mars 2008

André SOME et Julie YAMEOGO