RAPPORT DE LA JOURNEE
DU 27 MARS 2008
La première
journée de la seconde édition du Forum Social du Burkina a débuté par la
cérémonie d'ouverture aux environ de 9h30
I. La cérémonie d'ouverture
La cérémonie d'ouverture de la seconde édition du Forum Social du Burkina
s'est déroulée à la maison des Jeunes de Ouahigouya. Après une animation de la
troupe Ratnèrè de Singuenega à partir de 9h15mn, la cérémonie a débuté avec
l'arrivée des autorités de la région du nord parmi lesquels le gouverneur, le
président du Conseil de la
Région, du Haut Commissaire, du maire, du préfet, du
représentant provincial du Médiateur du Faso, des autorités militaires et
paramilitaires et du président du Comité d'Organisation.
La première intervention a été celle du Président de la coordination locale
qui a d'abord souhaité la bienvenue aux participants, à rappeler l'historique
du forum et son intérêt pour les
populations. Il a également salué l'initiative de l'organisation d'un tel
forum. Cette première intervention fut couronnée par une prestation de la
troupe Ratnéré.
La deuxième intervention fut celle du président qui a du comité
d'organisation qui a fait l'état des lieux de la misère des populations liée à
la pauvreté et au problème de la sécurité alimentaire dans le monde. Il a
rappelé le contexte de la vie chère au Faso qui s'est soldé récemment par des
manifestions. Il propose à la population de se battre afin que les concepts de
souveraineté alimentaire puissent être pris en compte dans les décisions
politiques pour la transformation sociétale. Il termina son intervention en
remerciant les soutiens financiers et les participants.
La dernière intervention fut celle du gouverneur qui fit ses encouragements au comité
d'organisation et souhaita la bienvenue à toutes les délégations ainsi qu aux
participants. Il a également souhaité un plein succès aux activités.
La cérémonie a pris fin aux environs de 10h20.
II. Le premier panel: La souveraineté alimentaire
Prévu pour être animé par Quatre (04) exposants le
premier panel a finalement été animé par trois (03) exposants, les Groupements
NAAM de Monsieur Bernard Lédéa OUEDRAOGO, n'ayant pas pu prendre aux travaux.
Le thème central dudit panel porte sur «La souveraineté
alimentaire». Les communicateurs sont:
-
le Père Maurice OUDET de
SEDELAN ;
-
la
CPF avec Monsieur Seydou OUEDRAOGO ;
-
Ousmane TIENDREBEOGO du SYNTAP.
Pour l'essentiel, quelques idées fortes se dégagent des
exposés. En premier lieu, il convient de comprendre que la souveraineté
alimentaire consiste à consommer ce que
nous produisons quand et comme on le veut. De ce fait, la souveraineté
alimentaire est à distinguer des concepts voisins tels que, la sécurité
alimentaire, l'auto suffisance alimentaire. Par la souveraineté alimentaire, il
faut entendre, la possibilité pour les pays, notamment africains, de
privilégier leurs productions locales. Cela n'est pas synonyme d'une
impossibilité d'importation des produits agricoles ou alimentaires. Tout pays a
le droit d'importer quand la conjoncture nationale l'impose, des produits
agricoles extérieurs. Toutefois, les importations ne doivent pas prendre le pas
sur les productions nationales, locales.
Ainsi, en deuxième (2ème) lieu, la
souveraineté alimentaire est une question politique, un choix politique. Cette
politique consiste à protéger les productions nationales, sous-régionales par
une bande tarifaire à même de permettre aux productions locales d'être
compétitives. Cette bande tarifaire pourrait être située à un taux de (50%) à
l'importation des produits extérieurs. Car actuellement, ce taux est de l'ordre
de 10%.
3ème il nous faut nous mobiliser pour
l'atteinte de cette souveraineté alimentaire à par l'exercice constant d'une
pression sur les décideurs politiques et par une participation à l'élaboration
d'une politique agricole qui s'inscrit dans la durée et ne consiste pas en une
succession de petits programmes. Par conséquent, nous devons amener nos
dirigeants politiques, nos, gouvernants à renoncer aux Aides Publiques au
Développement (APD). L'expérience de la société civile Malienne apparaît de la
sorte, comme un excellent exemple, un modèle à suivre.
Après moult échanges, contributions, questions, les
participants préconisent un engagement sans faille pour les mesures
suivantes :
1) une mobilisation de la société
civile burkinabè et sous régionale, afin de barrer la voie aux APE, aux APD ;
2) une mobilisation et l'implication
active de nos organisations de la société civile burkinabè pour l'élaboration
et l'adoption d'une politique agricole nationale construite autour de la
souveraineté alimentaire Car, on n'est souverain que lorsque l'on est libre;
3) l'élévation de la bande tarifaire
sur les importations de produits agricoles et alimentaire, à 50% pour nos
pays ;
4) le boycott systématique des
produits de mauvaise qualité importés par nos pays et qui empêchent nos
produits locaux d'être concurrentiels.
Sur ces propos, les participants ont été invités à poursuivre les échanges
et les discussions au sein des ateliers.
III. LES ATELIERS
ATELIER N°1
Thème: : Intégration régionale, souveraineté
alimentaire et APE (Accord de Partenariat Economique)
Communicateur:
Père Maurice Oudet
Rapporteur :
Traoré François Xavier
Il est ressorti de cet atelier que la souveraineté alimentaire c'est le
fait d'avoir le droit de poursuivre sa politique agricole afin de produire
suffisamment des produits de grande consommation. Elle pourrait aboutir à
l'autosuffisance alimentaire mais, elle n'est pas l'autosuffisance alimentaire.
Sur la question de
l'intégration, elle a débuté en 1994 avec l'UEMOA. Il y a d'abord eu la CEDEAO qui n'a pas aboutit
a grand-chose. La question des APE
pousse les chefs d'Etats africains à remettre la CEDEAO en marche. Les APE
étant un ensemble d'accord de libre échange proposé par l'Union Européenne aux
pays ACP (Afrique Caraïbe Pacifique). Ces accords sont supposés profiter aux
pays africains mais en réalité, ils ne leur profitent aucunement. Selon l'avis
du communicateur, les négociateurs africains ont mal engagé les négociations
car elles se déroulaient sur des textes proposés par la partie européenne.
En outre, la pression des Organisations de la Société Civile
africaine a amené les négociateurs africains a changé de stratégie car ceux-ci
ont dit: "Pas d'Accord sans souveraineté alimentaire".Ces accords
n'ont pas encore été signés.
Après les questions, les
contributions et les échanges, les participants ont fait les recommandations
suivantes:
1)
Prise d'initiative par les
paysans avant de demander l'aide des gouvernants
2)
Implication de chaque citoyen
concernant les problèmes sociaux
3)
Mettre en place un soutien
institutionnel à l'agriculture par des moyens tels que:
- des instituts de recherche agricole;
- une production de semences de qualité adaptées aux
conditions locales de culture
- un accès satisfaisant des paysans aux moyens de
production ;
- une incitation à consommer les produits locaux
- l'union des producteurs
- la valorisation de la production locale.
ATELIER N°2
Thème: APE, produits sensibles et la souveraineté
alimentaire
Communicateur:
M. TAMBOURA Amadou, CPF
Rapporteur :
SORGHO Viviane
I. Etat des lieux
Les Accords de
Partenariat économiques, tels qu'ils ont été conçus, portent atteinte à la
souveraineté alimentaire des Etats signataires et mettent en péril les
agriculteurs et leurs productions. C'est ce qui a mobilisé les organisations de
la société civile, et les a amenés à initier diverses luttes, afin que ces APE
soient rejetés.
Comme
résultat, la signature des APE qui était
prévue pour le 31 décembre 2007 n'a pas été effective, même si le APE ne sont
pas pour autant supprimés. Les négociations se poursuivent entre l'Union
européenne et les pays ACP, notamment en ce concerne les produits sensibles. Le
lien entre les APE, les produits sensibles et la souveraineté est étroit.
Le communicateur
a
-
fait un rappel sur les principes
généraux, les objectifs et l'impact des APE ;
-
évoqué la problématique des
produits sensibles
- souligné l'importance de la prise
en compte de la souveraineté alimentaire dans le processus d'élaboration de la
liste des produits sensibles.
II. Conclusion et recommandations
Les OSC
doivent :
1.
accompagner les producteurs, les
sensibiliser pour qu'ils fassent de bons choix dans les produits qu'ils
cultivent et dans les méthodes de culture ;
2.
amener les producteurs à être
autonomes dans leurs choix et renforcer leurs capacités ;
3.
travailler à informer les paysans
et recueillir leur avis, car la date de juin 2009 est proche ;
4.
renforcer les capacités des
femmes et mettre les moyens matériels et financiers à leur disposition ;
5.
informer et sensibiliser les
femmes sur les différents thèmes et sur le fondement du forum ;
6.
militer pour l'arrêt de
l'expérimentation des OGM.
ATELIER N°4
Thème : Sécurisation foncière et souveraineté
alimentaire
Communicateurs :
François GUIRA (SACCA) et
Georges BAZONGO (ORGANIC)
Rapporteur :
Nathalie TARNAGDA
I. Etat des lieux
Les
communicateurs ont eu pour souci de souligner que le développement rural est la
base principale d'un développement économique durable au Burkina Faso. Ce
développement concerne les secteurs agricoles, l'élevage, la chasse, la pêche...
Il doit s'appuyer sur la sécurisation foncière en vue de résoudre les problèmes
entre agriculteurs et éleveurs et entre producteurs familiaux et grands
producteurs.
La sécurisation
foncière est définie comme l'ensemble des processus visant à permettre
l'utilisation des terres rurales, le déploiement efficace des activités de
production, tout en protégeant ces terres contre les conflits liés à la
jouissance des droits.
Dans cette
vision cependant, deux tendances s'opposent :
-
la terre appartient-elle à
l'Etat ?
-
la terre appartient-elle au
propriétaire terrien ?
La
souveraineté alimentaire, quand à elle, se définit comme le droit de bien
manger et de choisir sa nourriture. Il s'agit donc du droit de chaque pays ou
peuple de consommer et vendre ce qu'il veut.
Au regard de
ces deux définitions, il ressort que souveraineté alimentaire et sécurisation
foncière sont étroitement liées.
Les
communicateurs ont enfin déploré que les femmes soient rarement prises en
compte dans la sécurisation foncière, alors que leur rôle dans le développement
rural est indéniable. Il convient donc d'approcher les communes et les
propriétaires terriens pour mieux cerner cette question et lui trouver des réponses
adéquates.
II. Conclusion et recommandations
Les
participants à l'atelier ont abouti à la conclusion qu'il ne peut y avoir
souveraineté alimentaire sans sécurisation foncière. Et pour que ces deux
processus se complètent, le rôle des communes est essentiel.
Ils
recommandent alors la vigilance des élus locaux pour empêcher que des personnes
physiques ou morales ne s'approprient des surfaces de terre très importantes au
détriment des habitants et de la production nécessaire à la souveraineté
alimentaire.
ATELIER N°6
Thème : Agriculture bio et perspectives
Communicateur :
OUEDRAOGO Abdoulaye, Helvetas/Burkina
Rapporteur :
DA Patrice T.
I. Etat des lieux
Le
communicateur a essentiellement axé son propos sur :
- l'importance de l'agriculture
pour les pays comme le Burkina Faso : il s'agit de l'une des principales
activités de production du pays, pratiquée par 90% de la population et qui crée
l'essentiel de la richesse au plan national ;
- les contraintes de l'agriculture
au Burkina Faso, liées notamment aux aléas climatiques, au faible niveau de
compétitivité des produits sur le marché ;
- les défis de l'agriculture :
il s'agit d'assurer une durabilité environnementale et économique, d'assurer
une sécurité alimentaire à toute la population ;
- l'option pour une agriculture
responsable, saine et durable, parce que respectueuse de l'environnement et de
la santé des humains et animaux.
Le
communicateur a précisé que
l'agriculture biologique soutient et améliore la santé des plantes, des
animaux, des hommes et de la planète. Elle est basée sur les cycles et systèmes
écologiques vivants, construite par des relations qui assurent l'équité par
rapport à l'environnement. L'agriculture biologique au Burkina Faso a 20 ans
d'expérience et concerne surtout les filières sésame, hibiscus, arachide,
fonio, mangue, canne à sûre, coton...
II. Conclusion et recommandations
Le coton
biologique est une alternative de production durable, parce qu'il protège
l'environnement et la santé, et diminue l'endettement.
Il faut donc
-
intensifier la production du
coton biologique et l'étendre à de nouvelles zones ;
-
intensifier les actions de
valorisation locale du coton
-
développer et intensifier le
maraîchage biologique
-
sensibiliser les populations sur
la valeur de nos produits locaux ;
-
intégrer l'igname dans le cadre
de l'agriculture bio ;
-
interpeller l'Etat pour qu'il
encourage concrètement la culture biologique ;
-
créer un label de produits
biologiques au niveau national ;
-
mettre en place de petite unité
d'huile de sésame.
ATELIER N°7
Thème: Changements climatiques et productions
céréalières
Communicateur:
Léopold SOMÉ (GERDDES)
Rapporteur :
Fousséni TRAORE
A l'aide d'une
série de photos et autres images, le communicateur a montré des exemples de
faits sur les changements climatiques dus à une faible pluviométrie, aux
inondations, aux fumées de moteurs etc.
Il a ensuite
expliqué le fonctionnement du système solaire, de l'atmosphère avec la couche
d'ozone. Il a noté l'action des gaz qui absorbent et émettent de la chaleur.
Selon lui, les
changements climatiques se sont accentués à partir de 1950. M. SOMÉ a ajouté que
au rythme actuel de changement climatique, entre 2050 et 2100, les températures
pourraient augmenter de 2 à 5° C.
Face à tout
cela, il est important d'adopter des stratégies et techniques d'économie de
l'eau et un changement de comportement.
En conclusion,
il faut bien trouver des solutions, car de toutes façons, nous ne pouvons que
faire face à la situation.
Les
participants ont soulevé des préoccupations par rapport :
-
au liens entre sécheresse et
changement climatique ;
-
à l'état des lieux des recherches
sur les semences améliorées et leurs lieux de vente ;
-
au lien entre semences améliorées
et OGM ;
-
à l'opération Saaga.
Par rapport
aux OGM, le communicateur estime que ce n'est pas parce qu l'on peut faire
quelque chose qu'il faut le faire, et que les OGM brise la morale. Concernant
le bombardement des nuages, les recherches ont montré que les produits utilisés
n'affectent en rien la qualité de l'eau.
ATELIER N°8
Thème: Les OGM
Communicateur:
Francoise Gerard, Kabré Emanuel
Rapporteur :Francoise
Gérard
Au regard de
la majorité mooréphone des participants, cet atelier s'est directement déroulé
en mooré.
Le terme
« génétique » a d'abord été défini comme porteur des caractères
héréditaires naturels. Il a ensuite été précisé que les hybridations
traditionnelles se faisaient à l'intérieur d'une même espèce, alors que les
manipulations génétiques ne respectent pas la barrière des espèces animales,
végétales ou humaines.
Contrairement
aux propos qui prétendent que les OGM règleront les problèmes de production, il
est ressorti que les semences coûteront environ 20 000 F CFA à
l'hectare, contre 1 800 FCFA pour le coton conventionnel, par exemple.
Les paysans
participants à l'atelier ont été très impressionnés par les informations
reçues, et ont été très actifs. Un paysan a témoigné des maladies et de
l'appauvrissement de la terre issus de l'introduction des OGM, et a invité les
générations futures à dire NON aux OGM.
Après des
échanges enrichissants, les participants ont fait les recommandations
suivantes :
1.
Constituer des équipes pour aller
en province sensibiliser les populations et leur apporter une information qu'on
ne leur donne pas toujours ;
2.
S'opposer à la firme MONSANTO et
ses filiales pour empêcher l'invasion du Burkina Faso par les organismes
génétiquement modifiés.
ATELIER N°9
Thème: Détaxation des intrants
Communicateur:
Seydou OUEDRAOGO (CPF)
Rapporteur :
Oumar BOULO
Le
communicateur a orienté son thème sur 3 axes :
- les intrants : ils
regroupent les engrais minéraux, la fumure organique, les semences, les
équipements agricoles etc. L'utilisation de la fumure organique est
recommandée.
-
les différentes taxes : il
s'agit de la TVA
(12%), des taxes sur les prêts (12 à 14%).
-
les actions menées par la CPF auprès du gouvernement.
Elles lui ont permis d'obtenir, entre autres, une subvention de 3 milliards sur
les intrants.
Suite aux
échanges, les participants ont formulé les recommandations suivantes :
1.
La détaxation des intrants
agricoles ;
2.
La transformation des
financements de l'Opération Saaga en subventions des intrants ;
3.
L'union effective des producteurs
agricoles ;
4.
la conversion de leurs actions à la SOFITEX (30%) en
subvention d'intrants agricoles.
ATELIER N°10
Thème: Mondialisation et protection de l'environnement
Communicatrice:
Mlle SIDIBE Salamata, ATTAC Burkina
Rapporteur :
SOMÉ K. André, GRADSO
I. Etat des lieux
La
communicatrice a commencé par une clarification des principaux :
La mondialisation
est caractérisée par la domination de la loi du marché et la libéralisation des
échanges commerciaux. L'environnement désigne tout ce qui nous entoure
(végétaux, animaux, minéraux), bien au-delà des frontières nationales.
Mlle SIDIBE a
ensuite évoqué de nombreux risques auxquels l'homme, à travers ses activités et
comportement, expose son environnement : production de gaz à effet de
serre, pollution de l'air, pénurie de bois de chauffe, raréfaction des espèces
animales, surproduction et gaspillage dans certaines régions, perturbation des
cycles de l'eau, surexploitation des terres, déforestation etc. Tout cela
fragilise l'équilibre des écosystèmes et rend précaire la qualité de notre
cadre de vie et de son développement.
Mlle SIDIBE a
noté que de nombreux textes accords internationaux existent en matière de
protection de l'environnement, mais ne sont pas mis en application.
II. Conclusion et recommandation
Pour la
protection de l'environnement dans un contexte de mondialisation, les
participants à l'atelier recommandent :
-
une application courageuse par
les dirigeants politiques des différents textes et accords nationaux et
internationaux pour la protection de l'environnement ;
-
une implication effective des OSC
et de tous les citoyens dans les actions d'information et de sensibilisation
pour la protection de l'environnement ;
-
une sensibilisation des OSC et de
tous les citoyens par rapport au reboisement, mais également au suivi et
entretien des arbres plantés ;
-
la promotion des essences
locales, très utiles et mieux adaptées au milieu ;
-
la promotion d'un véritable
développement durable tenant compte du caractère global des questions
environnementales.
ATELIER N°11
Thème: Dette et souveraineté alimentaire
Communicateur:
Teno TAMBOURA (CAD/Mali)
Rapporteur :
Abdoulaye KOURAOGO
I. Etat des lieux
La dette est,
facteur de perte de souveraineté en général, et plus précisément, de
souveraineté alimentaire pour les PPTE.
Les principaux
freins à l'accès à la souveraineté pour les PPTE sont :
-
l'initiation de pratiques ou
politiques par les institutions financières internationales ne favorisant pas
l'exercice du droit d'autonomie dans la production, consommation et
commercialisation ;
-
le peu de souci des politiques
face à la nécessité de protéger l'agriculture et les agriculteurs locaux ;
-
l'ignorance des OSC par rapport à
leurs moyens de pression sur les gouvernants pour obtenir des politiques
alimentaires adéquates ;
-
la perméabilité des marchés
nationaux ;
-
l'introduction des OGM dans
l'agriculture sans les garanties d'une alimentation saine et durable.
II. Conclusion et recommandations
Au vu de ce
qui précède, l'atelier recommande au Forum social du Burkina II de:
1.
demander l'annulation pure et
simple, totale et inconditionnelle de la dette des pays en développement ;
2.
mener une réflexion pour mettre
en place avec les OSC des stratégies pour
a.
sensibiliser et mobiliser les
populations autour de leurs idéaux ;
b.
influencer les autorités
politiques, afin qu'elles adoptent des stratégies adéquates favorisant une
souveraineté alimentaire ;
c.
constituer un front uni contre
les OGM.
ATELIER N°12
Thème: Insécurité foncière et alimentaire :
Cas du conflit entre éleveurs et
agriculteurs à Gogo (Manga)
Communicateur:
Dr. Yamba BIDIMA
Rapporteur :
Blandine SANON
1. Etat des lieux
sur le sujet :
Gogo est une
localité de Manga.
Le document du
communicateur même date d'avant le soulèvement du conflit entre les éleveurs et
agriculteurs de la zone Gogo à Manga.
Les activités
pastorales existaient même bien avant l'arrivée de certains agriculteurs,
chacun menait bien ses activités dans cette zone. La délimitation foncière a
donc amené le conflit entre éleveurs et agriculteurs.
Il se trouve
donc que les agriculteurs sont des mossis et les éleveurs des peuls. Le conflit
donc s'est vite transformé en conflit ethnique.
L'exploitation
et l'explosion démographiques ont renforcé le conflit car les terres devenant
peu fertiles ne suffisaient plus. Donc, de migration en déplacement, les peuls
éleveurs qui cherchaient de la nourriture pour leur bétail, ont envahi les
champs des agriculteurs mossis qui eux, en retour en voulant protéger leur
culture ont agressé les éleveurs. De violence en insécurité totale, les deux
parties se sont tabassées.
Les chiffres
sont criards en matière de pourcentage des conflits aujourd'hui en général au
B.F. et il y a même mort d'hommes des fois.
Les causes du
conflit de la localité de Gogo sont énormes :
-
insécurité foncière
-
violence verbale
-
appropriation illégale des terres
-
transhumance
-
détérioration des terres cultivables
-
l'imposition d'une certaine loi
qui n'est pas officielle.
En somme, les
autorités sont en grande partie responsable de ces conflits là. Si rien n'est
fait, ces conflits se transformeront en guerre tribale ou ethnique.
2. Conclusions et recommandations
Il faut
reconnaître que de tout temps, agriculteurs et éleveurs ont toujours cohabité.
Ils se complètent et l'une des parties ne peut vivre sans l'autre. Autant les
agriculteurs ont besoin des éleveurs, autant les animaux des éleveurs aiment
manger les cultures, il faut donc oeuvrer de sorte que chacun des deux camps
soit dans son droit. Qu'ils respectent mutuellement leurs droits et leurs
devoirs et l'Etat doit jouer un rôle très apaisant dans ce domaine là.
Dans tous les
cas la cohabitation sociale n'est un fait simple, ce n'est pas non plus un
acquis que de préserver la paix sociale ; alors les peuples doivent faire
preuve de tolérance et de compréhension.
Beaucoup
d'associations paysannes, d'agriculteurs et d'éleveurs sont nées aujourd'hui
pour apaiser et mieux gérer les conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Aussi beaucoup
d'associations paysannes se complètent dans ce sens.
Enfin, la zone
de gogo à Manga a plein d'atouts pour limiter les conflits et éviter
l'insécurité alimentaire.
Toute insécurité
foncière mène forcement à un conflit et qui parle de conflit parle de handicap
pour la production et l'amélioration des conditions agricoles.
E définitive,
les autorités devraient développer des initiatives telles que l'aménagement de
puits et forages, des pâturages et abreuvoirs pour animaux, des barrages...afin
de limiter les dégâts.
N'oublions pas
aussi que la sensibilisations des populations rurales doit être de mise afin
d'éviter la destruction de l'environnement. Entre autre solution, encourageons
la culture vivrière au détriment de celle du coton qui ravage nos champs et
déplace les paysans.
3. Divers
Il reste à
encourager et donner les moyens aux associations paysannes et de la société
civile afin qu'elles puissent bien lutter contre les conflits ethniques et
tribales
Tout le monde
est d'avis avec le forum et les ateliers afin que la lutte, l'information et la
sensibilisation puisse passer et c'est pourquoi beaucoup ont fait le
déplacement du Burkina comme d'ailleurs.
4. Conclusion
Il faut forcement une solidarité entre agriculteurs et éleveurs, c'est
pourquoi nous formistes, nous nous engageons à aider les paysans à atteindre
une unité afin que prospère notre agriculture pour atteindre une souveraineté
alimentaire.
-
Aussi nous exigeons la protection
de l'environnement car réchauffement climatique oblige.
-
Elargir les espaces pour
agriculteurs comme éleveurs.
-
L'Etat devrait au lieu de
s'approprier les terres, tenir compte des réalités socioculturelles de nos
peuples.
IV Restitution
Les ateliers
ont pris fin aux environ de 17h pour la restitution en plénière. La restitution
a consisté à faire lire les comptes rendu des ateliers par les rapporteurs et à
permettre à l'assemblée de poser quelques questions sur les rapports lus.
Les plénières ont pris fin aux environ
de 19h30 pour le dîner. La journée a été clôturé par une soirée culturelle.
Ouahigouya le 27 Mars 2008
André SOME et
Julie YAMEOGO
|